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L'équipe

Présentation des rédacteurs de deslivres.fr, animateurs, passeurs de conseils et de pistes de lectures.

Leur point commun : la passion et le plaisir de lire, de découvrir des nouveaux auteurs ou d'accompagner de vieilles connaisances, avec qui se lie une intimité blottie entre les pages.

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jeudi 23 avril 2009

Marie Lebrun

Je perds mes livres, je les donne parce qu'on ne me les rend pas et je ne rends pas ceux qu'on me prête, prise de remords je les rachète et je les offre à un autre. Brisons là, un livre tout fourré d'acariens, je ne garde pas. Faites l'expérience de tous les donner. « Han ! Jamais, ô grand dieu jamais ! Les livres, c'est ma vie, c'est le parcours de moi, c'est moi ». Et bien justement, s'en débarrasser, c'est l'occasion de se refaire une petite beauté.
Toutefois, j'ai gardé tous mes Ines Cagnati, mon Barbey d'Aurevilly, celui d'Une vieille maîtresse, je vole les Tennessee Williams chez les gens, je me sens toute petite à côté de Sylvie Germain, j'entasse les Antoine Volodine et les guette du coin de l'oeil, je passe l'aspirateur sur les Giono mais j'ai perdu Regain et jamais lu Le Hussard sur le toit, j'admire Robert Badinter, je tremble avant de recommencer Stig Dagerman, j'anticipe la perte de mémoire en essayant de mémoriser deux vers d'affilé de Saint-John Perse. Je voudrais qu'on me lise des pages entières de Beckett, qu'on me filme L'assassin de Liam O'Flaherty. J'aime bien savoir que le truc gris, sous mon lit, c'est Benacquista qui copine avec Zoé Valdes. J'aime être surprise par une écriture, des mots rares, des feintes qui nous laissent croire qu'on parle familier, qu'on est naïf pour en fait susciter des réflexions qui titillent les angoisses mal oubliées et les réflexions inachevées. J'aime rire mais les clichés, pas du tout. J'aime beaucoup Claude Ponti. 
J'ai étudié des livres mais peu m'ont fait frémir, même si beaucoup m'ont intéressée. J'ai lu des livres d'hommes qui racontaient leur désir d'homme – mais les hommes en papier se froissent. Alors j'ai pensé qu'il existait une littérature de femmes. Mais si une femme écrivait bien, j'oubliais alors qu'elle en était une. Je lis, je lis Gala chez le médecin, je lis les notices des médicaments, leurs effets indésirables. Je compte les lettres dans les mots.
J'ai découvert la littérature pour adolescents. Petits veinards, petites veinardes, serez-vous des adultes plus éclairés après l'avoir parcourue ? 
Je m'appelle Marie Lebrun-Marchal. J'habite en Normandie, à Douvres-la-Délivrande. Je me baigne sur les plages du débarquement mais ça n'a rien a voir.

lundi 20 avril 2009

Isabelle Gozard

Originaire du centre de la France, c’est là, protégée par le silence de la campagne nivernaise que j’ai commencé à cultiver le plaisir de la lecture.
A 18 ans, je suis partie à Paris où je suis devenue comédienne. Un métier qui m’a souvent fait côtoyer l’Asie, spécialement l’Inde et le Japon.
En 2004, je suis partie vivre trois ans au Vietnam pour un projet d’écriture.
Là bas, j’ai beaucoup lu. L’isolement, l’impossibilité d’acheter, au pied levé, des livres, m’a paradoxalement amenée à suivre plus régulièrement l’actualité littéraire – Ah, Le matricule des anges ! - et à lire de nouveaux auteurs.
Là-bas, j’ai découvert Duong Thu Huong, et Haruki Murakami qui sont aujourd’hui deux de mes auteurs contemporains asiatiques préférés.
Mes choix de lectures sont arbitraires : je farfouille en librairie, je regarde dans les revues, les quotidiens, je suis les sorties des auteurs que j’aime, je me renseigne auprès des amis (pas tous !), je laisse traîner mes oreilles dans les cafés.. .
Je lis beaucoup de romans, quelques essais, peu de nouvelles. Je lis souvent le matin en prenant mon petit déjeuner, je lis le soir avant de m’endormir, je lis quand ma fille fait ses devoirs, je lis en vacances, je lis dans le métro, dans le train…
Mes livres, je les aime tous et je les garde tous.
Je les prête peu, seulement si je suis sûre de les revoir. J’aime leur présence, pas loin, dans ma bibliothèque. J’aime les avoir sur mon bureau, en piles mal alignées, en bazar, à portée de main.
 

Ses 10 auteurs :

  • Leslie Kaplan
  • Duong Thu Huong
  • Haruki Murakami
  • Siri Hustvedt
  • Paul Auster
  • Henry Bauchau
  • Serge Filippini
  • Magda Szabo
  • Sylvie Germain
  • Jorn Riel

jeudi 16 avril 2009

Antoine Grospiron-Jaccoux

Oublier les mots qui défilent

Un livre c’est à la fois fuir la réalité et la pénétrer par une porte dérobée.
On s’extirpe de son corps pour prendre l’apparence de personnages, de couleurs, d’impressions selon la caresse et le travail magnanime des mots sur notre imagination. Les auteurs, les bons, selon une perception toute subjective, sont ceux qui m’éloignent de ma condition de lecteur et arrivent à me transformer en capitaine de navire, en mousse, en chasseur de fauve, en fauve, en cavalier galopant dans la steppe ou en cowboy mangeur de sauterelles en pleine débandade de l’armée sudiste.
Cette liste étant bien entendu ouverte à toutes les explosions fantasmagoriques de l’écrivain, manipulateur de mon imagination tel un marionnettiste machiavélique. L’auteur doit être un jongleur habile de la création dont la performance n’est pas fondée sur l’exubérance des acrobaties mais sur l’esthétisme et la puissance de la composition.

Antoine Grospiron Jaccoux, journaliste, diplômé de droit et d’anglais, résidant la plupart du temps à Chamonix, passionné de montagne, souvent sur les routes, notamment celles d’Amérique du nord.

Antoine

 

Ses écrivains :

  • Charles Bukowski
  • Richard Brautigan
  • Jack Kerouac
  • J.D. Salinger
  • Cormac McCarthy
  • Truman Capote
  • Vladimir Nabokov
  • John Fante
  • John Steinbeck
  • William Faulkner
  • Romain Gary
  • Philippe Djian

mardi 14 avril 2009

Christian Marchal, par Marie Lebrun

Autant est-il très vif pour rendre compte d'un livre, autant rédiger quelques lignes le concernant le laisse coi.
Christian.

J'ai donc accepté de témoigner à visage couvert et la voix déformée.
Sa table de nuit ressemble à un gros cube chargé de livres. Au sol, un gros bouquin sur Bob Dylan chevauche des nouvelles de Sciascia.
Dumas est vautré sur un livre intitulé Les Jésuites, lequel est adossé à Salman Rushdie.
Au-dessous, écrasé par l'autobiographie d'Evguénia Guinzboroug et ses témoignages sur les camps d'URSS, un livre sur Churchill (on voit son visage sur la couverture), lequel jette un regard torve sur les commissaires alcooliques anonymes des polars le jouxtant.
Il les aime ses commissaires : le Dave Robicheaux de  James Lee Burke en tête, Le Montalbano de Camilleri, mais plus que tout, plus que  la douceur angevine, le voleur Dortmunder de Westlake.
Je vois Christian qui pouffe de rire dans son lit.
Il a des lubies, ce lecteur, et il leur est fidèle. Jadis il s'est fortement intéressé à l'histoire des virus en lisant un livre de Mirko Grmek. Alors on n'est guère étonné de le retrouver dix ans plus tard avec Vérole, cancer et cie de Lambert dans ses mains. Il est aussi passionné d'histoire, les Cathares, les années 70, l'époque romaine... Fou de mythes, il s'émeut encore de la mort d'Hector.
Mais le spectacle le plus étonnant, c'est lorsqu'il ressort Cent ans de solitude et qu'il récite «Bien des années plus tard, face au peloton d'exécution, le colonel Aureliano Buendia …. » qu'il connaît par coeur. Ce sont les rares moments où il est sérieux. La relecture est cyclique chez lui. Un lustre et il  relit. Dumas par exemple. Je l'ai vu relire une série de Zola. Peut-être les faibles fois où son moral tourné vers le rire a vacillé. Voilà pourquoi pas loin de lui traînent Perec et Queneau. Les jeux littéraires l'enchantent et il les pratique, jubilation.
Et puis, il a ses petits jardins secrets, des livres qu'il lit en cachette. Je suis tombée sur l'un d'entre eux, sans fouiller : La crise, pourquoi en est-on arrivé là ? Mais la pudeur me prend.

Christian Marchal habite à Douvres-la Délivrande et dans sa voiture il écoute en boucle les Rolling Stones et rit du sourire de Shane Mc Gowan.

 

Ses auteurs de chevet :

mardi 7 avril 2009

Raphaëlle Aviat

J’ai besoin de temps pour lire. Pas seulement parce que je lis lentement. Lorsque je réussis à passer 2 ou 3 heures d’affilée dans un livre, je veux dire sans m’ennuyer, sans avoir mal aux bras ou sans m’endormir tout simplement, je suis contente. C’est un plaisir rare.

Je suis peu soigneuse avec les livres. Je les traîne partout avec moi. Je n’écris pas dedans mais il m’est arrivé à une époque de corner les pages pour me souvenir de passages importants.

Je lis sans compter. Si bien que je ne sais plus ce que j’ai déjà lu. Pour autant, je n’aime pas relire un livre. Je déteste même ça.

Je ne suis pas attachée aux livres en tant qu’objet. Au contraire, j’aime l’idée qu’ils circulent.

Quant aux auteurs, cette brochette de lointains camarades, je les apprécie surtout vivants. Je guette leurs publications comme des retrouvailles. J’ai comme ça quelques fidélités indéfectibles. Celle à Philippe Djian se situe au-dessus de toutes les autres.

Raphaëlle
 

Ses 10 auteurs :

  • Philippe Djian
  • Philip Roth
  • Jean Echenoz
  • Charles Juliet
  • Arnaud Cathrine
  • Maryline Desbiolles
  • Arto Paasilinna
  • William Boyd
  • Sylvie Germain
  • François Taillandier
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