Crack de Ray Shell (1993)
Par Georges Grospiron le dimanche 27 avril 2008, 17:19 - Etats Unis - Lien permanent
Acteur et musicien, Ray Shell a publié ce roman à 38 ans.C'est pour l'instant son seul livre édité.
Le titre est explicite, c'est le récit d'une addiction à la drogue de la rue, de la monstrueuse dépendance au crack.
Un de ces écrits qui peuvent vous aider à vous tenir éloigné des drogues de synthèse, si vous naviguez dans leurs dangereux parages.
Mais il ne se résume pas à cela.
Ecrit à la première personne, c'est le journal irrégulier de Cornelius, noir américain et junkie new-yorkais. Empli de culpabilité après la mort de son frère, vivant aux crochets de sa sœur et de sa mère, il chronique sa longue chute, dans un trou qui paraît sans fond.
Perturbant dans sa forme, aussi bien typographique que stylistique, violent dans ses propos, c'est un ouvrage choquant, sans issue.
Un de ces livres auxquels il est recommandé de ne pas trop s'identifier.
Un livre enrichissant, malgré son total désespoir.


Commentaires
je suis surprise d'être la première à commenter ce livre. Il devrait absolument être connu, pour que les gens aient connaissance de l'effet dévastateur des drogues. Et aussi pour que les beaux moralisateurs y regardent à deux fois avant de mépriser et de juger ce qu'on appelle les toxicomans. Ce sont des personnes, comme nous l'apprend ce livre, qui ont besoin d'aide, et pas de haine ou d'indifférence. Ces sentiments là, ils les éprouvent assez contre eux même.
Ce livre tient dans une haleine formidable. on s'attache au personnage, on le comprend, on le soutient On voudrait qu'il arrête de se détruire. Il est loin d'être con. Il est même très lucide. il faudrait qu'il s'en sorte, il aurait les moyens de s'en sortir. Cette lucidité sur sa dépendance et son manque de volonté est aussi cruelle pour lui et pour nous ( quand on est un minimum humaniste). Il est cosncient d'être responsable de ses actes, de devoir mener sa vie comme il le voudrait. le problème est qu'il ne sait pas ce qu'il veut, et que son but lorsqu'il se lève le matin, se limite à trouver sa dose de came, pour oublier. Il lutte sans cesse contre une culpabilité qui le ronge, ronge et ronge...
On comprend la spirale infernale des dépendants (l'objet de dépendance n'est pas uniquement la drogue).
Un livre magistral.
merci Ray Shell de nous avoir fait partagé ce que vous avez vu. En espèrant que ce livre puisse aider des gens qui en ont besoin.
ce livre a guidé ma vie et seulement sur une page celle vers la fin ou il dit que dans la vie on fait des choix et personne nous oublige a prendre la bonne ou la mauvaise décision
La littérature sauve, c'est une certitude.
Le meilleur livre que j'ai lu,une fois commençé ,impossible de stper!
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