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Tag - James Lee Burke

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mardi 14 avril 2009

Christian Marchal, par Marie Lebrun

Autant est-il très vif pour rendre compte d'un livre, autant rédiger quelques lignes le concernant le laisse coi.
Christian.

J'ai donc accepté de témoigner à visage couvert et la voix déformée.
Sa table de nuit ressemble à un gros cube chargé de livres. Au sol, un gros bouquin sur Bob Dylan chevauche des nouvelles de Sciascia.
Dumas est vautré sur un livre intitulé Les Jésuites, lequel est adossé à Salman Rushdie.
Au-dessous, écrasé par l'autobiographie d'Evguénia Guinzboroug et ses témoignages sur les camps d'URSS, un livre sur Churchill (on voit son visage sur la couverture), lequel jette un regard torve sur les commissaires alcooliques anonymes des polars le jouxtant.
Il les aime ses commissaires : le Dave Robicheaux de  James Lee Burke en tête, Le Montalbano de Camilleri, mais plus que tout, plus que  la douceur angevine, le voleur Dortmunder de Westlake.
Je vois Christian qui pouffe de rire dans son lit.
Il a des lubies, ce lecteur, et il leur est fidèle. Jadis il s'est fortement intéressé à l'histoire des virus en lisant un livre de Mirko Grmek. Alors on n'est guère étonné de le retrouver dix ans plus tard avec Vérole, cancer et cie de Lambert dans ses mains. Il est aussi passionné d'histoire, les Cathares, les années 70, l'époque romaine... Fou de mythes, il s'émeut encore de la mort d'Hector.
Mais le spectacle le plus étonnant, c'est lorsqu'il ressort Cent ans de solitude et qu'il récite «Bien des années plus tard, face au peloton d'exécution, le colonel Aureliano Buendia …. » qu'il connaît par coeur. Ce sont les rares moments où il est sérieux. La relecture est cyclique chez lui. Un lustre et il  relit. Dumas par exemple. Je l'ai vu relire une série de Zola. Peut-être les faibles fois où son moral tourné vers le rire a vacillé. Voilà pourquoi pas loin de lui traînent Perec et Queneau. Les jeux littéraires l'enchantent et il les pratique, jubilation.
Et puis, il a ses petits jardins secrets, des livres qu'il lit en cachette. Je suis tombée sur l'un d'entre eux, sans fouiller : La crise, pourquoi en est-on arrivé là ? Mais la pudeur me prend.

Christian Marchal habite à Douvres-la Délivrande et dans sa voiture il écoute en boucle les Rolling Stones et rit du sourire de Shane Mc Gowan.

 

Ses auteurs de chevet :

vendredi 30 janvier 2009

Dans la brume électrique avec les morts confédérés de James Lee Burke

Il y a des jours comme ça : on a fini de lire un livre, on n'en a pas d'avance, on n'a pas envie de relire, on s'en va rôder chez le libraire, on regarde les tranches, un peu morose, et paf : un titre !
Un titre qui donne envie. C'est ainsi que j'ai acheté Dans la brume électrique avec les morts confédérés.
Je l'ai acheté, je l'ai dévoré, j'ai lu tous les Lee Burke qui me tombaient sous la main.
Tous valaient le coup, mais aucun ne valait celui-là. Je l'ai relu.
Voilà l'affaire. Dave Robicheaux est inspecteur au service du sheriff de la paroisse (on dit comme ça en Louisiane, pas "comté") de New Iberia, au bord des bayous. Le Sud profond quoi, mais en Louisiane. Dave est un ancien alcoolique hanté par la guerre du Vietnam (il y était lieutenant), secoué parfois par des crises d'extrême violence, totalement dépourvu d'humour et encadré, soutenu, aimé par sa femme Bootsie et sa fille adoptive Alafair.
Il gère aussi un magasin de pêche et d'appâts sur le bayou, avec le vieux noir Batist (imaginez-vous ça en France ?).

Une équipe d'Hollywood débarque pour tourner un film sur la guerre de sécession, et bien sûr bouleverse la vie de la petite ville, d'autant plus  qu'ils ont l'excellente idée de se faire financer par la mafia de la Nouvelle-Orléans et son étoile montante, Julie Balboni, vieille connaissance de Dave.

Le reste de l'histoire ?
Ben tiens ! Lis !

Deux, trois trucs tout de même :
-La Louisianne, ses paysages, son histoire sont quasiment les personnages principaux. Lee Burke en parle, et c'est de la magie. Faites attention tout de même : n'attendez pas la description idyllique d'un paradis francophone états-unien. Oh non!
- Lee Burke a un talent particulier pour écrire sur les odeurs. Tiens : "(...) l'air était frais maintenant, et s'y mélait une pluie fine chargée des odeurs riches et lourdes d'humus humide, jasmins de nuit, roses et jeunes pousses de bambou". Et ça dès la première page... t'es pas volé !
-James Lee Burke ne se moque pas du monde et n'a rien d'un mystificateur : le titre a un sens parfaitement précis et repérable
- Il y a dans ce livre le plus beau des fantômes que j'ai rencontrés au cours de mes lectures.

C'est un beau livre, tout simplement un très, très beau livre.

P.S : le livre vient d'être adapté au cinéma, par Bertrand Tavernier, sous le titre Dans la brume électrique.

Titre : Dans la brume électrique avec les morts confédérés
Type : Romans policiers / espionnage
Auteur : Burke  James Lee
 trad. de l'américain par Freddy Michalski
Editeur  : Rivages poche
ISBN : 9782743618148
Date de parution : 19/01/1999
Dispo. : disponible
Poids : 255 g
Nb de pages : 480
Prix éditeur: 10, 40

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