le blog de l'électro-librairie     Achetez tous les livres dont nous vous avons parlé sur www.deslivres.com, la librairie.

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 2 mai 2008

Une nuit avec Sabrina Love de Pedro Mairal (1998)

Conseil de lecture: Une nuit avec Sabrina Love de Pedro Mairal Pedro Mairal est un écrivain argentin né en 1970.
Après Une nuit avec Sabrina Love, il a publié un recueil de nouvelles, Tôt ce matin et un roman, L'intempérie.
Ce livre a été adapté au cinéma en 2001 par Alejandro Agresti.

Une nuit avec Sabrina Love est un court roman, très plaisant et facile à lire. Daniel, 17 ans, vit dans un petit village de la province argentine. Ses parents sont morts dans un accident de voiture, il habite avec sa sœur et sa grand-mère et travaille pour un élevage industriel de poulets.
Une vie souriante et assez pleinement satisfaisante pour un adolescent, comme vous pouvez vous en douter.
Après avoir piraté l'antenne satellite de ses voisins, il se procure une télévision et un décodeur chez le receleur du village, et accède à la multitude numérique et télévisuelle.
Bien sûr ce qui l'intéresse au premier chef, ce sont les chaînes pornographiques.
Lors d'un tirage au sort organisé par une de ces chaînes, il gagne une nuit avec la présentatrice vedette du porno, Sabrina Love.
Le livre nous emmènera en sa compagnie jusqu'à Buenos Aires et Sabrina.
Et ce sera pour Daniel un voyage initiatique, au cours duquel il apprendra beaucoup sur la vie en général et sur les nuances entre le sexe et l'amour en particulier.

Remarqué par Adolfo Bioy Casares lors de sa sortie, ce récit souvent drôle vous fera passer un très agréable moment de lecture .

mardi 22 avril 2008

Los boys de Junot Diaz (1996)

Conseil de lecture: Los boys de Junot Diaz (1996)Junot Diaz est né à Saint-Domingue en 1968 et a rejoint son père aux États Unis à l'age de six ans.
Il a publié de nombreuses nouvelles dans des journaux et magazines, dont le célèbre New Yorker. Après Los boys, son second roman paraîtra en 2007.
The brief wondrous life of Oscar Wao a obtenu le prix Pulitzer en 2008. Il sera publié en France le 22 janvier 2009 sous le titre La brève et merveilleuse vie d'Oscar Wao, chez Plon.


A mi-chemin entre le court roman et le recueil de nouvelles, Los boys et un livre assez court, au style un peu décousu et redoutablement efficace.
On suit le narrateur de l'enfance à l'age adulte, dans un langage très vivant truffé d'espagnol .
(pas d'inquiétude, il y a un bon glossaire)
Il vit avec sa mère et son frère, dans un quartier pauvre de Saint-Domingue. Le père absent est aux États Unis, ou il vit avec une autre femme.
Alcool, violence, misère font partie du quotidien auquel sont confrontés les enfants et les adolescents qui peuplent ce livre.
Chronique de la vie dans ce quartier populaire, images nettes baignées dans un quotidien chaotique, un très bon petit livre.

mardi 15 avril 2008

La soif de Andrei Guelassimov (2004)

La soif, de Andreï GuelassimovAndreï Guelassimov est un auteur russe né en 1965 à Irkoustk.
Il vit à Moscou où il enseigne la littérature anglo-américaine à l'Université.

La soif est un livre court et intense.
Un jeune russe, ancien soldat mobilisé en Tchétchénie.
Le visage brûlé lors de l’attaque de son char.
Il boit.
Il boit fort, comme les russes savent le faire.

Accompagné de Pacha et Guena, deux ex-passagers du char brûlé, il part à la recherche du quatrième membre de l’équipage, démobilisé lui aussi. Un road movie à la russe, entrecoupé de souvenirs de son professeur de dessin.
Qui lui a appris deux choses essentielles: boire de la vodka, et rester attentif au monde pour le voir et le peindre.
Il applique à merveille la première, et ré-apprendra peu à peu à pratiquer la deuxième.

Loin de l’image des romans russes à personnages multiples et aux noms impossibles à mémoriser, ce petit livre nous rappelle qu’il y a toujours de très bons auteurs là-bas.

lundi 10 mars 2008

Je vois des pieds (2004), de Fabrice Million.

Je vois des pieds (2004), de Fabrice Million.Ces 62 courtes pages portent la voix d’un homme à qui, depuis longtemps, l’on ne demande plus rien.
« J’ai oublié le son de ma voix. Quand pendant plusieurs jours elle ne sort pas de moi, j’oublie son timbre. Silencieuse, dans ma gorge, elle gît, inerte ».

Il dort à l’extérieur des murs, là, juste en bas de l’immeuble.
Il sait le contact du goudron sur sa joue, porte dans son âme les stigmates du bitume et, pour une fois, les dit.
Dans un langage ciselé, magnifique, il affiche son invisibilité, et les déformations de son corps combattant. Cerné par nos talons, il dessine, patiemment, nos absurdes angoisses et nos propres fêlures. Sans plainte et sans vulgarité, avec une intimidante lucidité, il expose nos vies en écrivant la sienne.
«Je ne suis alors qu’un reflet, celui de votre déchéance, une trace d’hémoglobine sur un doigt entaillé que l’on supprime d’un coup de langue».
Ses mots d’orfèvre le décalent, loin de la crasse et des cartons, pour donner à son monologue tout le poids de sa dignité.

C’est un livre aigu, remarquable, qui remet l’homme debout.
Un de ces livres indispensables qui s’acharnent à démolir nos résignations.
Clicky Web Analytics Paperblog