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vendredi 18 avril 2008

Suite française, de Irène Némirovsky (2004)

Suite française, de Irène Némirovsky (2004)Fille d’une famille russe qui a fuit la révolution, Irène Némirovsky est arrivée en France en 1919.
Son premier texte, écrit en français, est publié en 1921. Elle rencontre réellement le public en 1929 avec la publication de son deuxième roman, David Golder.
Elle publiera plus d’une douzaine de romans avant d'être déportée. Elle meurt en 1942, à Auschwitz.

Suite française est le roman de l’exode français de 1940 puis de l’occupation du pays par l’armée allemande.
Acide, c’est le portrait sans compromis de la France de l’époque. Rares sont ceux que sa plume grandit.
Ecrivain suffisant, curé droit dans ses bottes, parents ballottés par les ordres et les contre-ordres de leur employeur, banquiers, enfants à la lisière de l'âge adulte, c’est une galerie de personnages dans l’histoire en cours.
Son écriture est lumineuse et précise et on sent dans ses lignes l’urgence portée par quelqu’un qui sait les dangers qui l’entourent, qui devine ceux qui approchent.

Son projet d’une suite de cinq romans qui devaient décrire la France pendant la guerre reste inachevé.
Suite française rassemble les deux premiers, Tempête en juin et Dolce. Les trois suivants, déjà titrés, devaient s'appeler Captivité, Bataille et La paix. Captivité devait parler de résistance, Bataille et La paix étaient suivis dans ses notes d'un point d'interrogation. En 1942, sa finesse lui permet de sentir l'enchaînement de la guerre.
Et lui fait écrire, dans une lettre à son éditeur "Cher Ami... pensez à moi. J'ai beaucoup écrit. Je suppose que ce seront des œuvres posthumes, mais ça fait passer le temps."
Une auteure puissante, croyez le.

mardi 15 avril 2008

La soif de Andrei Guelassimov (2004)

La soif, de Andreï GuelassimovAndreï Guelassimov est un auteur russe né en 1965 à Irkoustk.
Il vit à Moscou où il enseigne la littérature anglo-américaine à l'Université.

La soif est un livre court et intense.
Un jeune russe, ancien soldat mobilisé en Tchétchénie.
Le visage brûlé lors de l’attaque de son char.
Il boit.
Il boit fort, comme les russes savent le faire.

Accompagné de Pacha et Guena, deux ex-passagers du char brûlé, il part à la recherche du quatrième membre de l’équipage, démobilisé lui aussi. Un road movie à la russe, entrecoupé de souvenirs de son professeur de dessin.
Qui lui a appris deux choses essentielles: boire de la vodka, et rester attentif au monde pour le voir et le peindre.
Il applique à merveille la première, et ré-apprendra peu à peu à pratiquer la deuxième.

Loin de l’image des romans russes à personnages multiples et aux noms impossibles à mémoriser, ce petit livre nous rappelle qu’il y a toujours de très bons auteurs là-bas.
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